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Harnais d'escalade

Fabian Reichle, mercredi, 24. août 2022

Il est le lien entre le corps et la corde. En plus de faire partie de l'équipement de sécurité élémentaire, le baudrier doit répondre à des exigences d'ergonomie et de fonctionnalité. Celles-ci varient en fonction de la discipline verticale. C'est pourquoi nous passons au crible les nombreuses facettes des baudriers et montrons quel modèle est adapté à votre prochaine aventure d'escalade.

Quiconque s'aventure en montagne - que ce soit sur des parois rocheuses, des glaciers ou même des chemins et des arêtes exposés - doit être conscient du danger banal de la pesanteur. La conséquence logique : l'assurance mutuelle au moyen d'une corde. Jusque-là, rien de plus logique. Alors qu'aux débuts de l'alpinisme, on attachait des cordes de chanvre rigides directement autour du corps, qui se rompaient souvent en cas de chute et provoquaient de graves blessures chez ceux qui les portaient, les cordes dynamiques high-tech sont heureusement devenues la norme aujourd'hui. Et qu'en est-il de leur fixation sur le corps ? Là aussi, les choses ont beaucoup évolué. Depuis longtemps, les baudriers spécifiques ont remplacé l'encordement direct.


Whillans Sit Harness de Troll : Le premier baudrier moderne.


Le premier essai d'un baudrier dédié à la manipulation de corde est dû à la Néerlandaise Jeanne Immink. Petite parenthèse : cette ambitieuse pionnière de l'escalade a également été la première femme à gravir des montagnes en pantalon d'escalade vers la fin du 19e siècle et a eu l'idée, avant tout le monde, de protéger sa tête contre les chutes de pierres. Pourtant, après les premiers essais d'Immink, il faudra attendre quelques décennies et d'autres prototypes pour que le premier véritable modèle de harnais cuissard soit commercialisé. A la fin des années 60, des esprits ingénieux de l'entreprise britannique Troll ont mis au point le Whillans Sit Harness, conçu pour la première ascension de l'Annapurna par le sud. Sa forme de base a perduré jusqu'à aujourd'hui. Tous les baudriers sont basés sur ce type originel, qui se compose d'une ceinture, d'une boucle pour les jambes et d'une boucle pour la corde.


Ceintures de hanche et de poitrine

Il convient de préciser ici que la forme classique de la ceinture n'est pas la seule utilisée en alpinisme. Des ceintures pectorales peuvent également être utilisées en complément. Ceux-ci se portent ensemble, mais jamais seuls, avec la ceinture. Il existe en outre des ceintures combinées qui associent les deux types. Ces modèles sont utiles lorsque le centre de gravité du corps est plus élevé. C'est le cas chez les enfants pour des raisons anatomiques, mais cela peut aussi arriver chez les adultes, par exemple lorsqu'ils portent un sac à dos lourd. La position plus haute de la corde d'assurage au niveau de la poitrine empêche un éventuel retournement de la tête en cas de chute. Un harnais de poitrine sert aussi à la perception subjective de la sécurité, surtout chez les débutants. En revanche, une chute et une position suspendue dans une ceinture pectorale ou combinée sont relativement désagréables et la liberté de mouvement limitée est une raison pour laquelle on utilise presque exclusivement la ceinture classique pour les escalades sportives.


Für Kinder am besten geeignet: Une ceinture combinée.


Parties d'un baudrier

En général, le baudrier typique, ou dans ce cas spécifiquement la ceinture, se compose de plusieurs parties qui remplissent toutes leur fonction individuelle. Le noyau est constitué par la ceinture, qui est placée au-dessus du bassin dans différentes largeurs et avec différents rembourrages. L'autre partie est constituée par les tours de cuisse. Celles-ci sont placées juste en dessous des fesses, dans le cas idéal, elles ont une marge d'environ deux doigts. Selon le modèle, la ceinture et les tours de cuisse peuvent être réglés en circonférence. Sur les baudriers modernes, cela se fait généralement à l'aide de boucles dites Slide-Bloc, qui sont faciles et sûres à utiliser. Une double sécurité automatique est ainsi garantie. Plus il y a de boucles (quatre au maximum), plus le baudrier peut être réglé avec précision. Cela se répercute toutefois négativement sur le poids et l'agilité.


Les différents éléments d'un baudrier.


Les porte-matériel ou Gear Loops sont, comme leur nom l'indique, des boucles auxquelles on peut accrocher du matériel supplémentaire. Ils sont de tailles différentes et se trouvent harmonieusement sur le côté de la ceinture - ce qui indique d'ailleurs qu'une ceinture a la bonne taille. Il existe des boucles moulées et rigides et d'autres qui sont lâches. Les premières dépassent de la ceinture, ce qui les rend facilement et rapidement accessibles. Les secondes, en revanche, sont adaptées au matériel secondaire.


Les porte-matériel permettent d'attacher des mousquetons, des exen, des assureurs mobiles, des broches à glace et autres.


Lorsque l'on grimpe, la corde est tirée par une sangle à travers deux boucles de mousquetonnage. L'une se trouve au niveau de la taille, l'autre au niveau des jambes. Entre les deux se trouve la boucle d'assurage. Elle représente le point le plus fort du baudrier. C'est à elle que sont fixés les appareils et les mousquetons d'assurage.


Les baudriers modernes, comme beaucoup d'autres équipements de sports de montagne, ont connu un développement considérable. Outre les aspects techniques, comme l'utilisation de matériaux de haute technicité, ce sont surtout les différentes utilisations qui se sont cristallisées. C'est ici que l'on peut identifier les plus grandes différences, car le harnais pour tout n'existe pas à proprement parler. Une approche efficace pour trouver un modèle adapté est donc basée sur la réflexion du type de sport pour lequel il est utilisé.


Ein leichter Hochtourengurt.


À escalade différente, harnais différent

Un harnais léger, réduit à l'essentiel, convient à l'escalade en salle et à l'escalade sportive. Comme l'escalade se déroule généralement sur des voies équipées de manière fixe, les passants de matériel sur la ceinture sont plutôt secondaires. On peut également renoncer à des tours de cuisse réglables, car un changement de vêtements en cours de route - par exemple d'un pantalon court et léger à un pantalon de protection contre les intempéries plus épais - n'est guère pertinent. Tout cela rend le baudrier agile et confortable, même avec un faible rembourrage au niveau des hanches et des jambes. Ce type de baudrier convient d'ailleurs parfaitement à la via ferrata, en plus des baudriers d'alpinisme et des baudriers polyvalents à quatre boucles.


Lors de l'escalade trad, lorsqu'il faut porter des cales, des cams et autres en plus des Exen, les porte-matériel deviennent importants. Il devrait y en avoir au moins quatre. Un rembourrage supplémentaire permet en outre de rendre les longues journées en paroi plus agréables. Les harnais pour les projets de plusieurs longueurs sont similaires. Ici, un système qui répartit la pression de manière homogène sur une large surface ou un peu plus de rembourrage sont les bienvenus. Il existe différentes solutions à cet égard. En outre, des tours de cuisse réglables sont indispensables si l'on doit enfiler d'autres couches de vêtements en paroi. Ici aussi, il faut partir avec au moins quatre porte-matériel, même si une boucle de remorquage située à l'arrière du harnais peut s'avérer pratique. Elle permet par exemple d'attacher une corde supplémentaire ou d'autres équipements qui ne sont pas très utilisés.


Le maximum de caractéristiques du baudrier se trouve dans l'escalade de big wall. Cela tient surtout au fait que, dans les très grandes ascensions, c'est moins l'escalade athlétique que la progression avec des pitons, des échelles et des bloqueurs qui est importante. Les ceintures pour big wall doivent pouvoir supporter la charge de matériel, c'est pourquoi elles comportent souvent entre six et dix porte-matériels. Un rembourrage large et excellent permet à ces modèles d'être portés pendant plusieurs jours.


De l'autre côté du spectre se trouvent les baudriers pour la compétition. Ceux qui misent entièrement sur la performance ont besoin d'un modèle qui soit le plus léger et le plus agile possible. Ici, on renonce en grande partie au rembourrage et aux porte-matériels, la construction est volontairement minimaliste.


Les baudriers pour la randonnée en haute montagne et à ski ont un statut particulier. Dans ce cas, une assise confortable et la possibilité de tomber sont secondaires, car on y marche généralement en terrain non vertical. Un poids et un encombrement réduits sont plus importants pour les randonnées d'endurance. De plus, les tours de cuisse des baudriers de randonnée sont conçus de telle sorte qu'ils peuvent être complètement ouverts pour enfiler ou retirer le baudrier avec des chaussures de ski ou des crampons.


Trouver son baudrier préféré et en prendre soin

Celui qui vise un certain type de baudrier ne devrait pas se précipiter pour acheter le premier modèle venu. La devise est d'essayer. Si le baudrier correspond à l'utilisation alpine personnelle et qu'il est visuellement correct, il faut d'abord faire quelques pas avec et le tester en suspension libre et avec les pieds sur une paroi. Le harnais est-il confortable ? Ne glisse-t-il pas vers les côtes en suspension ? Alors le bon modèle est trouvé.


En outre, il existe des différences entre les sexes, qui se distinguent surtout par la forme de la ceinture et la distance entre celle-ci et les tours de cuisse. Les baudriers sont d'ailleurs certifiés par la norme européenne pour l'équipement d'alpinisme (EN 12277) selon différents types et exigences correspondantes.


Pour pouvoir évaluer l'état du baudrier, il faut le contrôler avant et après chaque utilisation pour détecter des signes d'usure ou des dommages. Une attention particulière doit être portée aux coutures ouvertes, aux abrasions, aux coupures ou aux trous. Les boucles métalliques endommagées sont également critiques. En cas de doute, le baudrier est jeté, car il n'y a pas de zone grise en matière de matériel de sécurité. Même un équipement prétendument intact devrait être remplacé après environ trois à quatre ans d'utilisation normale et de bon entretien 


Un baudrier usé qui doit être jeté.


Il faut en outre prêter attention au nettoyage et au stockage du matériel. En gardant son baudrier propre et sec, en le protégeant des rayons directs du soleil et des matériaux nocifs comme les liquides corrosifs et en le stockant, on pourra l'utiliser plus longtemps. Vous avez encore des questions ? Nous sommes là pour vous aider et vous conseiller dans l'une de nos filiales.

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