Protection solaire en montagne : comment protéger vos yeux et votre peau des rayons UV
Hanna Bär, lundi, 09. mars 2026
Qu'il s'agisse de ski de randonnée oder d'alpinisme en haute montagne : l'altitude et la réverbération rendent l'exposition aux UV particulièrement élevée. Découvrez pourquoi les lunettes de soleil de catégorie 4 sont indispensables sur glacier, comment optimiser réellement l'indice de protection de votre crème solaire et pourquoi les vêtements anti-UV sont souvent la solution idéale.
Le danger d'avalanche lors d'une randonnée à ski, le risque d'orage dans une voie d’escalade ou la température lors d’une course d’alpinisme : quiconque évolue en montagne surveillera naturellement la météo et les dangers objectifs. Mais le rayonnement ultraviolet est souvent un peu négligé. Il est vrai que ce dernier n'est pas aussi fatal qu'une avalanche ou une chute, mais il est fortement recommandé de le prendre au sérieux, surtout en montagne. En effet, plus l'altitude augmente, plus l'exposition aux UV augmente. La roche, la neige et la glace réfléchissent également le rayonnement, jusqu’à potentiellement 90 % d’augmentation pour la neige.
En montagne, le rayonnement UV peut donc être très intense. Une exposition excessive sans protection adéquate engendre des coups de soleil à court terme et augmente le risque de cancer de la peau à long terme. La protection solaire devrait donc faire partie de l'équipement obligatoire pour les sports de montagne.
Une évidence : protéger ses yeux
« Toutes les lunettes de notre assortiment offrent une protection contre les UV », explique Päivi Litmanen, gestionnaire de produit chez Bächli Sports de Montagne. Le marquage CE est obligatoire pour toutes les lunettes de soleil commercialisées et garantit une protection jusqu'à une longueur d'onde de 380 nanomètres. Dans le domaine des sports de montagne, certains fabricants vont encore plus loin : Julbo utilise le label « UV400 » pour indiquer une protection UV allant jusqu'à une longueur d'onde de 400 nanomètres. Glorify et Oakley proposent également ce type de lunettes. Pour une protection maximale contre les UV, les verres sont soit recouverts d'un film absorbant, soit la protection est intégrée directement au plastique du verre, ce qui est plus coûteux mais qui offre une meilleure résistance aux rayures. Dans une fiche d'information sur l'utilisation des lunettes de soleil, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) souligne d'ailleurs que la résistance aux UV des lunettes de soleil diminue avec le temps et n'est garantie que pendant deux ans.
La protection UV ne doit pas être confondue avec la teinte des verres, laquelle détermine uniquement la transmission lumineuse. Conformément à la norme internationale ISO 12312-1:2022, également adoptée par la Suisse, les lunettes de soleil font partie des équipements de protection individuelle. Selon cette norme, il existe cinq niveaux de teinte ou de transmission lumineuse, allant des verres non teintés de la catégorie 0 à la teinte la plus forte de la catégorie 4, avec une transmission lumineuse réduite à seulement 3 ou 8 %. Grâce à cette norme, la comparaison de teinte entre les fabricants est très facile.
Mais quelle catégorie choisir ? « Je porte toujours des lunettes de sport, même lorsque je fais mon jogging matinal ou des randonnées à ski en soirée », révèle Litmanen. Pour ce type d'activités, elle recommande des verres de catégorie 0 ou 1. Pour les randonnées sur glacier, en particulier par temps ensoleillé, la catégorie la plus élevée est recommandée. De plus, les lunettes destinées à être utilisées sur un glacier doivent couvrir les yeux autant que possible, par exemple grâce à des branches spécialement larges ou des œillères (amovibles). Ainsi, aucune lumière (réfléchie) ne peut atteindre les yeux par le bas ou par les côtés, car sur un glacier, la lumière ne vient pas seulement du haut.
Lunettes de soleil avec protection nasale et protection latérale contre l'éblouissement.
« Pour les journées offrant des conditions lumineuses variables, les verres photochromiques ont fait leurs preuves », explique l'experte Litmanen. Les verres dits photochromiques couvrent plusieurs degrés de transmission en ajustant automatiquement leur teinte ; par exemple de la catégorie 0 à 3 ou de la catégorie 2 à 4. Depuis peu, Julbo propose même des lunettes couvrant toutes les catégories, de 0 à 4. L’obscurcissement ou l'éclaircissement des verres s'effectue de manière à peine perceptible, dans un délai pouvant aller jusqu'à 20 secondes. Les changements rapides de luminosité, par exemple lors d'une descente à travers une forêt clairsemée, ne peuvent donc pas être compensés instantanément.
La lumière du soleil, combinée aux glaciers, à la neige et à l'eau, nécessite une protection UV particulièrement élevée.
Indispensables pour les sports nautiques, mais également recommandées sur les glaciers, les lunettes avec verres polarisants réduisent les reflets et l'éblouissement. Attention : avec des verres polarisants, certains écrans, comme ceux des smartphones ou des appareils DVA, peuvent être moins bien lisibles. Il est donc indispensable de les tester en magasin avant de les acheter. L'experte Litmanen recommande de toute façon un essayage dans un des 14 magasins Bächli Sports de Montagne : « Il existe tellement de formes différentes qu'il est possible de trouver la monture idéale pour chaque personne. »
Un dernier conseil : en cas de casse ou même de perte de vos lunettes de soleil alors que vous êtes en montagne, la couverture de survie de votre trousse de premiers secours peut vous dépanner : en utilisant une seule couche, cette dernière offre à peu près le même degré de transmission que des lunettes de catégorie 4 et une très bonne protection contre les UV.
La cécité des neiges
Ce terme familier pour décrire la « photokératite aiguë » désigne une irritation de la cornée et de la conjonctive de l'œil causée par des rayons UV-B à ondes particulièrement courtes, accompagnée d'une réaction inflammatoire similaire à un coup de soleil sur la peau. Les symptômes peuvent être les suivants : douleurs, larmoiement, rougeurs et gonflements, sensibilité accrue à la lumière, sensation de corps étranger dans l'œil et légers troubles de la vision. Comme son nom l'indique, le risque est accru dans les environnements très réfléchissants, comme la neige ou la glace. Il est également conseillé de protéger ses yeux dans des conditions de brouillard.
Protection de la peau avec de la crème solaire
Aux mois de mars et avril, il convient d'être particulièrement vigilant en matière de protection contre les UV : pendant ces mois, la couche d'ozone, qui absorbe une partie du rayonnement UV, est la plus fine et donc la plus perméable. Cela augmente encore le rayonnement UV. L'indice UV, qui devrait figurer dans toutes les bonnes prévisions météorologiques, indique le niveau réel de cette exposition, de préférence de manière échelonnée pour différentes altitudes.
La peau dispose d'une protection naturelle contre les rayons UV. Son efficacité varie de quelques minutes pour les peaux les plus claires à plus d'une heure pour les peaux les plus foncées. Si vous souhaitez évaluer vous-même votre type de peau, vous pouvez vous référer à l’échelle de Fitzpatrick, qui comporte six niveaux.
L'indice de protection solaire des crèmes solaires (IPS ou SPF) indique de combien de fois la protection naturelle de la peau est prolongée avant que des dommages n’apparaissent. Avec un IPS de 30, elle est donc multipliée par trente… à condition d'utiliser une quantité suffisante de crème : deux milligrammes par centimètre carré de peau sont recommandés. Pour le visage, cela correspond à une bonne cuillère à café. En raison de l'exposition plus importante aux UV en montagne, il est recommandé d'utiliser au moins un IPS de 30, et en cas de neige ou en haute altitude, un IPS de 50 ou 50+.
La transpiration, l'eau, le vent et les frottements réduisent l'efficacité de la crème. À titre indicatif, il convient de renouveler l'application toutes les deux à trois heures, ou au plus tard lors d'une pause de ravitaillement. Le renouvellement de l'application ne réinitialise pas le temps de protection, mais permet simplement de maintenir la protection initiale.
Idéalement, il faut appliquer la crème environ une demi-heure avant de sortir. Cela permet à la crème de bien pénétrer et aux filtres chimiques, présents dans toutes les crèmes disponibles chez Bächli Sports de Montagne, de déployer pleinement leur effet protecteur. De plus, cela évite les taches sur les vêtements fonctionnels. La crème solaire est « toxique » pour les membranes, car elle obstrue ses pores et réduit sa perméabilité à la vapeur d'eau. En cas de tache, tamponnez la crème en évitant si possible de frotter et lavez le vêtement à la maison en suivant les instructions d'entretien. « La plupart du temps, la tache disparaît », rapporte Daniela Stünzi, experte textile chez Bächli, d'après sa propre expérience.
Profiter du soleil : de préférence pour une courte durée et toujours avec de la crème solaire.
Bien couvert : vêtements UV
Fouiller dans le sac à dos au pied de la paroi et avoir les doigts tout gras : en alpinisme, réappliquer de la crème solaire fait partie des tâches fastidieuses. Il n'est pas possible de l'éviter complètement, mais grâce aux vêtements anti-UV, on peut au moins se limiter au visage. Les vêtements anti-UV font partie des équipements de protection individuelle et doivent donc être certifiés en conséquence. À l'instar de l'indice de protection solaire des crèmes solaires, les textiles sont classés selon leur facteur de protection UV (UPF). Celui-ci indique également combien de fois plus longtemps il est possible de s’exposer au soleil sans attraper de coup de soleil. Dans l’assortiment Bächli, on trouve des vêtements à partir d'un facteur UPF 40, la plupart des textiles ayant un UPF de 50 ou 50+. À titre de comparaison, un t-shirt en coton léger et clair aurait un UPF de 10 environ.
« En général, les vêtements normaux offrent également une protection, mais celle-ci varie en fonction de leur tissage », explique Daniela Stünzi. Le tissu doit être aussi serré que possible afin de bloquer les rayons UV. Vous pouvez le tester vous-même dans les magasins Bächli : « Pour cela, étirez légèrement le tissu et tenez-le à contre-jour : la différence est généralement visible à l'œil nu », conseille l'experte de Bächli. La couleur joue également un rôle dans la protection contre les UV. C'est pourquoi les fabricants doivent faire certifier séparément les différentes variantes de couleur d'un même modèle. Les couleurs foncées laissent passer moins de rayons que les couleurs claires : le bleu foncé offre la meilleure protection.
Il existe actuellement trois normes indépendantes pour la certification des textiles : la norme australienne-néo-zélandaise (AS/NZS 4399:1996), la norme européenne (DIN EN 13758-1) et la norme UV 801. Les deux premières normes testent le textile non étiré et sec à l'état neuf. Pour la norme UV 801, en revanche, la mesure est effectuée sur un textile humide et étiré. « Si le textile est humide, par exemple à cause de la transpiration, ou si le matériau est détendu après plusieurs années d'utilisation, la protection contre les UV est réduite », explique Stünzi. Les vêtements usés offrent donc une moins bonne protection que les articles neufs.
Sur le fond, Daniela Stünzi se réjouit que les fabricants deviennent de plus en plus sensibles à la protection contre les UV. La gamme estivale, en particulier, s'est considérablement élargie. Outre les chemises de randonnée classiques, on trouve désormais des sweats à capuche légers et sportifs, comme le Selun FL Sun Hoody de Mammut. « De manière générale, il faudrait changer les mentalités et s'habituer à porter un t-shirt à manches longues avec une capuche, même lorsqu'il fait 30 ou 35 degrés », explique Stünzi. La protection solaire devient alors très simple. Elle peut être complétée par des casquettes, des chapeaux et des foulards tubulaires avec protection UV. La vaste gamme Bächli propose également des lunettes et des crèmes au design rétro. Si vous regrettez l'époque des alpinistes bronzés, optez pour ces produits plutôt que de partir en montagne sans protection.
Plus simple que la crème : les tours de cou (buffs) s'utilisent de manière variable et complètent votre protection solaire. Conseil : mouillez-le régulièrement en été pour un effet rafraîchissant agréable.
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